La foule est aussi importante que la bourse…
Comme la majorité d’entre vous, j’ai regardé avec attention le troisième joyau de la Triple Couronne dans l’espoir de voir American Pharoah réussir ce que l’on pensait impossible. C’est à la piste de Belmont Park, devant plus de 100 000 spectateurs et un nombre record de téléspectateurs, que le joyau de l’écurie Bob Baffert réalisait cet exploit que l’on attendait tous depuis 1978.
Pour ma part, ce que je retiens de cet exploit, c’est qu’au-delà de l’argent dans ce sport, quoique capital au maintien des activités quotidiennes, le décorum et le prestige « mythique » entourant certaines épreuves historiques, dépassent la réalité. Il y a des épreuves qui traversent les époques sans que la bourse offerte soit un enjeu majeur. Preuve de cette hypothèse, demandez à n’importe quel conducteur nord américain quelle épreuve il aimerait remporter ? Sans aucun doute que le Little Brown Jug disputé au Delaware viendrait en tête de liste. Pourtant, est-ce la plus riche? Non! Elle est disputée sur un tracé d’un demi mille que les dirigeants de la Sonacc décrivaient à l’époque, car nos chevaux ne pouvaient se faire valoir à leur juste valeur. Au Canada, le « Gold Cup and Saucer » est la course que tous veulent gagner avec son enjeu plus que raisonnable. Pourquoi donc ? Parce que la piste, tout comme au Delaware ou à Belmont Park est pleine à craquer. René Allard ne manque pas d’assister à cette épreuve disputée dans les Maritimes malgré son horaire chargé.
Je me rappelle à l’époque à l’Hippodrome de Québec, la fameuse journée du 5 milles, l’estrade populaire débordait mais encore mieux, les familles s’entassaient tout au long de la piste afin d’assister à cette course centenaire ou presque. La foule faisait l’événement.
Demandez à n’importe quel amateur de chevaux qui visite certaines pistes ontariennes par exemple. Les gens qui visitent le tracé de Mohawk vous diront que ce sont de belles courses mais qu’il n’y a personne dans les estrades. On pourrait dire la même chose de Flamboro. La relance des courses sous harnais passe par les revenus, c’est évident mais il ne faut pas oublier les spectateurs pour autant. Étant moi-même de l’administration à l’époque, les hauts dirigeants de la Sonacc ont obtenu beaucoup d’argent des instances gouvernementales pour injecter dans les bourses notamment et la rénovation tant attendue de l’Hippodrome de Montréal. Je me rappellerai qu’il était plus important à l’époque d’agrandir le tracé de 5/8 à 7/8 de mille au lieu d’offrir aux amateurs des installations modernes. Du coup, les visiteurs venaient à l’Hippodrome du 7440 Boul Décarie et dès leur premiers pas à l’intérieur, se demandaient où étaient allés les millions investis en rénovations. Évidemment, il faut un brillant mélange des deux composantes importantes dont l’argent et les installations adéquates mais si nous voulons attirer la sympathie du gouvernement à nouveau, la foule présente à chaque événement spécial est capitale.
« Le Grand Prix de Formule 1 » du Canada sauvé à coup de millions, il y a quelques années ,en est la preuve vivante. Pourtant composé de millionnaires du volant, ce sauvetage aurait été impossible avec des gradins déserts. Aucun politicien n’aurait accepté d’aller se mouiller par le fait même. Le Club Jockey aura fort à faire pour créer des Happening importants avec des assistances respectables. Ce fut quand même réussi à l’ouverture il y a quelques années avec une foule incroyable, ouverture que l’on parle encore d’ailleurs. Ce n’est pas que les dirigeants en place n’essaient pas mais ce n’est pas toujours évident avec 40 programmes.
Chers amis de chevaux, en mon humble avis bien personnel, quoiqu’il en vale, je remplacerais à tout moment dans l’estrade populaire une machine de loterie vidéo contre 25 amateurs et néophytes des courses… « On y serait gagnant à la longue » …..
